mercredi 28 décembre 2011
Le souci du bien commun
Le souci du bien commun ne consiste pas à mettre en oeuvre des solutions que l'on juge bonnes pour la société, mais à mettre en oeuvre les conditions pour que les décisions à propos de ces solutions soient collectives et qu'elles puissent donc être mauvaises selon nous.
lundi 12 décembre 2011
Grimbergen
La municipalité framande de Grimbergen annonce interdire les échanges en français dans les commerces. Pas l'anglais, pas le tchèque... Le français (Le Monde du 13 décembre 2011). Argument: la langue officielle des Flandres est le flamand. Qu'y a-t-il de biaisé dans ce raisonnement? La langue officielle concerne les actes officiels, pas les conversations privées, or un échange verbal dans un commerce est privé, comme le fait de disposer d'un menu en allemand ou en russe. Sauf évidemment en Turquie où on ne doit pas parler Kurde... Je suppose que les Wallons sont vexés, eux qui ne doivent pas beaucoup interdire le flamand dans les boutiques de Liège. Mais ce qui m'agace, c'est l'agression contre une langue dans son entier, contre une variétés de cultures, dont la mienne, qui m'est pas belge. Bon tourisme à à Grimbergen, une bière que je n'achèterai certainement plus, même si c'est une Carlsberg.
Qu'est-ce qu'un "étranger"?
En français, le mot étranger signifie à l'origine celui qui n'est pas du pays, et vient de l'adjectif
étrange.
On trouve le même mécanisme dans plusieurs langues, notamment romanes, et bien sûr en anglais: de strange on forme stranger. Le mot foreigner a un sens un peu plus restreint et plus spécialisé sur l'origine géographique: on dira plus volontiers de quelqu'un avec qui on n'a rien à partager "he's a total stranger to me" que "he's foreign to me" qui est un peu bizarre; en revanche, "foreign" se dit bien d'une idée qui nous semble étrangère (this idea is foreign to me). En allemand, autre langue germanique, le mot auslander signifie celui qui est de l'extérieur du pays mais vous rencontrez également des mots construits sur la racine fremd- commune pour signifier l'étranger et l'inconnu, l'autre.
En ancien allemand, étranger se disait de la même manière que hôte par Gast (j'y reviens plus bas).
En russe, une même racine construit strana (pays), inostranets (étranger, littéralement "qui est extérieur au pays"), strannik, le pélerin, c'est-à-dire celui qui parcourt la terre à pied (et qui donc est étranger à toute ville et tout village), mais aussi le mot pour étrange (stranno).
On remarque, sans surprise, que ce qui est étranger semble se concevoir assez systématiquement comme ce qui est inconnu, différent, autre, peut-être par ses manières "étranges". Or ce qui est inconnu est imprévisible et donc tout naturellement inquiétant. Plus encore, ce qui est étranger renvoie à ce qui est sans relation avec moi; dans le fonds commun de notre mémoire culturelle, l'étranger est donc un être qui est différent, non seulement par ses caractéristiques accidentelles (langue, apparence physique, tenue vestimentaire, coutumes, manière d'être et d'agir en société) mais même par ce qu'il est de manière profonde, essentielle.
Ainsi, la notion d'étranger peut-elle parfois véhiculer l'idée d'un être qui n'est pas complètement humain, pas aussi humain, ou, pour le dire autrement, pas aussi civilisé, évolué, etc., et qui est donc dangereux. Il s'agit-là de la pensée raciste, qui sommeille dans de nombreuses sociétés et se réveille occasionnellement. Mais l'étranger est souvent rejeté non pas en tant qu'étranger par la couleur de peau, mais en tant qu'étranger par les coutumes, comme s'il contrevenait alors au cadre culturel dans lequel il se trouve, présentant un danger d'une nouvelle sorte: avoir des valeurs différentes c'est potentiellement avoir des valeurs contraires. C'est ce qu'il y a eu quand nous avons dû voter en Suisse sur la question de l'interdiction des minarets, que les affiches de l'UDC représentaient comme des missiles crevant le pays identifié par son emblème.
Il peut arriver qu'on soit soi-même étranger en son propre pays, ou à son propre environnement. C'est l'Etranger de Camus qui est étranger à son crime, par un sentiment d'innocence incompréhensible aux autres. C'est ce qui le rapproche du prince Mychkine, l' "Idiot" de Dostoïevsky, si innocent et naïf qu'il est comme un étranger dans son propre milieu.
Le mot "étranger" en français est ambigu. Il est évident qu'il renvoie à celui qui n'est pas comme moi mais aussi à ce que je ne reçois pas comme mien, ce que donc je rejette. C'est ainsi qu'une pensée, une politique, une idéologie, une façon d'être, peut nous être étrangère indépendamment de toute question nationale. Et si nous avons en français comme dans d'autres langues ce terme commun pour désigner celui qui n'est pas d'ici et ce que je rejette comme étant hors de ce qui est mien, il y a un pont entre ces deux aspects de la notion: l'étranger est à la fois celui qui vient de l'extérieur et celui qui est rejeté.
Une des racines indo-européennes qui a donné le champ sémantique de l'étranger est ghostis, d'où provient aussi bien l'idée d'hôte, comme justement le mot hôte, mais aussi hôpital, hospice etc. en français, guest en anglais ou Gast en allemand, mais aussi des mots associés à l'ennemi, comme hostile. Cette racine indo-européenne a donné en grec xenos qui signifie à la fois l'hôte et l'étranger (qui forme aussi notre xenophobie).
Mais après, la question n'est plus tant linguistique que culturelle: l'étranger est tantôt celui qu'on reçoit que celui qu'on rejette. Que fait-on avec ce qui est étranger aujourd'hui? Conçoit-on le encore comme une sorte de perturbateur par nature, qui mérite une double peine s'il commet le même délit qu'un concitoyen, à savoir le renvoi en plus de sa peine normale? Le risque réside dans le fait d'assimiler des individus à un groupe non souhaité, comme lorsque la France renvoie les Roms en tant que Roms et cesse, de ce fait, de les traiter comme des humains comme les autres, et en dépit des principes du droit qui veut que la justice considère les justiciables comme des personnes et non comme des classes sociales ou des groupes ethniques. Dans le monde de M. Sarkozy, il était devenu répréhensible d'être Rom.
Au contraire, pense-t-on à l'étranger comme on le faisait lorsqu'il était reçu, selon la tradition des villages russes, où il était coutume de garder un couvert pour un éventuel "strannik" de passage, ou comme le veut la tradition arabe, pour laquelle la visite d'un étranger est un don sacré de Dieu? Ou comme le propose le Christ également, qui se montre comme un étranger qu'il faut recevoir mais qui est rejeté? Le mot de Terence: "je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger", incite plutôt à considérer ce qui fait que nous sommes tous hommes que ce qui fait que nous sommes tous distincts. C'est là un choix de société qui n'a plus grand chose à voir avec le vocabulaire de la langue que nous parlons. On pourrait peut-être dire que la civilisation a fini par amener une conscience que ce qui fait l'humanité et la respectabilité d'une personne n'est pas l'origine sociale, ethnique ou culturelle, mais il y a encore des restes, qui seront longs à disparaître, de l'impulsion primitive qui tend à rejeter ce qui est étranger.
Néanmoins, les tensions s'expliquent aussi lorsqu'un étranger lui-même voit comme étrangère sa culture d'accueil et tend donc à la rejeter, créant du communautarisme. On le voit, nous sommes aussi parfois, malheureusement, les étrangers de nos étrangers, et l'éducation au dépassement concerne donc non seulement les uns mais aussi les autres, car les étrangers le sont moins qu'ils n'y paraissent, et peuvent donc partager nos propres défauts, qui ne sont autres que ceux de l'humanité.
On trouve le même mécanisme dans plusieurs langues, notamment romanes, et bien sûr en anglais: de strange on forme stranger. Le mot foreigner a un sens un peu plus restreint et plus spécialisé sur l'origine géographique: on dira plus volontiers de quelqu'un avec qui on n'a rien à partager "he's a total stranger to me" que "he's foreign to me" qui est un peu bizarre; en revanche, "foreign" se dit bien d'une idée qui nous semble étrangère (this idea is foreign to me). En allemand, autre langue germanique, le mot auslander signifie celui qui est de l'extérieur du pays mais vous rencontrez également des mots construits sur la racine fremd- commune pour signifier l'étranger et l'inconnu, l'autre.
En ancien allemand, étranger se disait de la même manière que hôte par Gast (j'y reviens plus bas).
En russe, une même racine construit strana (pays), inostranets (étranger, littéralement "qui est extérieur au pays"), strannik, le pélerin, c'est-à-dire celui qui parcourt la terre à pied (et qui donc est étranger à toute ville et tout village), mais aussi le mot pour étrange (stranno).
On remarque, sans surprise, que ce qui est étranger semble se concevoir assez systématiquement comme ce qui est inconnu, différent, autre, peut-être par ses manières "étranges". Or ce qui est inconnu est imprévisible et donc tout naturellement inquiétant. Plus encore, ce qui est étranger renvoie à ce qui est sans relation avec moi; dans le fonds commun de notre mémoire culturelle, l'étranger est donc un être qui est différent, non seulement par ses caractéristiques accidentelles (langue, apparence physique, tenue vestimentaire, coutumes, manière d'être et d'agir en société) mais même par ce qu'il est de manière profonde, essentielle.
Ainsi, la notion d'étranger peut-elle parfois véhiculer l'idée d'un être qui n'est pas complètement humain, pas aussi humain, ou, pour le dire autrement, pas aussi civilisé, évolué, etc., et qui est donc dangereux. Il s'agit-là de la pensée raciste, qui sommeille dans de nombreuses sociétés et se réveille occasionnellement. Mais l'étranger est souvent rejeté non pas en tant qu'étranger par la couleur de peau, mais en tant qu'étranger par les coutumes, comme s'il contrevenait alors au cadre culturel dans lequel il se trouve, présentant un danger d'une nouvelle sorte: avoir des valeurs différentes c'est potentiellement avoir des valeurs contraires. C'est ce qu'il y a eu quand nous avons dû voter en Suisse sur la question de l'interdiction des minarets, que les affiches de l'UDC représentaient comme des missiles crevant le pays identifié par son emblème.
Il peut arriver qu'on soit soi-même étranger en son propre pays, ou à son propre environnement. C'est l'Etranger de Camus qui est étranger à son crime, par un sentiment d'innocence incompréhensible aux autres. C'est ce qui le rapproche du prince Mychkine, l' "Idiot" de Dostoïevsky, si innocent et naïf qu'il est comme un étranger dans son propre milieu.
Le mot "étranger" en français est ambigu. Il est évident qu'il renvoie à celui qui n'est pas comme moi mais aussi à ce que je ne reçois pas comme mien, ce que donc je rejette. C'est ainsi qu'une pensée, une politique, une idéologie, une façon d'être, peut nous être étrangère indépendamment de toute question nationale. Et si nous avons en français comme dans d'autres langues ce terme commun pour désigner celui qui n'est pas d'ici et ce que je rejette comme étant hors de ce qui est mien, il y a un pont entre ces deux aspects de la notion: l'étranger est à la fois celui qui vient de l'extérieur et celui qui est rejeté.
Une des racines indo-européennes qui a donné le champ sémantique de l'étranger est ghostis, d'où provient aussi bien l'idée d'hôte, comme justement le mot hôte, mais aussi hôpital, hospice etc. en français, guest en anglais ou Gast en allemand, mais aussi des mots associés à l'ennemi, comme hostile. Cette racine indo-européenne a donné en grec xenos qui signifie à la fois l'hôte et l'étranger (qui forme aussi notre xenophobie).
Mais après, la question n'est plus tant linguistique que culturelle: l'étranger est tantôt celui qu'on reçoit que celui qu'on rejette. Que fait-on avec ce qui est étranger aujourd'hui? Conçoit-on le encore comme une sorte de perturbateur par nature, qui mérite une double peine s'il commet le même délit qu'un concitoyen, à savoir le renvoi en plus de sa peine normale? Le risque réside dans le fait d'assimiler des individus à un groupe non souhaité, comme lorsque la France renvoie les Roms en tant que Roms et cesse, de ce fait, de les traiter comme des humains comme les autres, et en dépit des principes du droit qui veut que la justice considère les justiciables comme des personnes et non comme des classes sociales ou des groupes ethniques. Dans le monde de M. Sarkozy, il était devenu répréhensible d'être Rom.
Au contraire, pense-t-on à l'étranger comme on le faisait lorsqu'il était reçu, selon la tradition des villages russes, où il était coutume de garder un couvert pour un éventuel "strannik" de passage, ou comme le veut la tradition arabe, pour laquelle la visite d'un étranger est un don sacré de Dieu? Ou comme le propose le Christ également, qui se montre comme un étranger qu'il faut recevoir mais qui est rejeté? Le mot de Terence: "je suis homme et rien d'humain ne m'est étranger", incite plutôt à considérer ce qui fait que nous sommes tous hommes que ce qui fait que nous sommes tous distincts. C'est là un choix de société qui n'a plus grand chose à voir avec le vocabulaire de la langue que nous parlons. On pourrait peut-être dire que la civilisation a fini par amener une conscience que ce qui fait l'humanité et la respectabilité d'une personne n'est pas l'origine sociale, ethnique ou culturelle, mais il y a encore des restes, qui seront longs à disparaître, de l'impulsion primitive qui tend à rejeter ce qui est étranger.
Néanmoins, les tensions s'expliquent aussi lorsqu'un étranger lui-même voit comme étrangère sa culture d'accueil et tend donc à la rejeter, créant du communautarisme. On le voit, nous sommes aussi parfois, malheureusement, les étrangers de nos étrangers, et l'éducation au dépassement concerne donc non seulement les uns mais aussi les autres, car les étrangers le sont moins qu'ils n'y paraissent, et peuvent donc partager nos propres défauts, qui ne sont autres que ceux de l'humanité.
Un mot sur le populisme
On connaît les caractéristiques principales de ce que
véhiculent les populismes : rejet de l’Etat d’une part, et rejet de toute appartenance
idéologique d’autre part, dans l’idée 1) que la politique doit être pragmatique
pour résoudre des problèmes concrets et que 2) toute théorie, toute idée
générale guidant l’action politique, donc toute « idéologie », est
une entrave à ce pragmatisme.
C’est en particulier à cause de ce pragmatisme que les
discours des populistes sont très efficaces quand il s’agit de proposer des
solutions rapidement mises en œuvre. Par exemple, si on considère qu’il y a
trop d’étrangers, il suffit de les expulser. Cette équation, par sa simplicité
extrême, est très productrice d’effets : un problème qui pourrait être
complexe se révèle simple et se résout en deux coups de cuillère à pot.
Mais le discours est plus hésitant quand on demande
d’expliquer l’éthique sous-jacente à leurs positions politiques, et c’est là
qu’apparaissent des contradictions sans appel. En particulier on remarque que
les populismes peuvent être à la fois contre l’Etat (de droit), accusé de trop
réglementer (il faut « tailler dans le maquis des sous-bois législatifs »,
Jean- Marie Le Pen 20.02.2007) et de s’emparer par les taxes et impôts du bien
particulier (« Au commandement biblique ‘Tu ne commettras pas de vol’, il
faudrait ajouter ‘Et l’État ne volera pas le citoyen’ », Christoph Blocher, 21
janvier 2006) et pour le bien commun.
Il y a ici un paradoxe, car l’Etat a justement la mission
d’assurer le bien-être optimal de la communauté sociale, qui repose donc sur
des principes d’équités de droits et de protection contre l’abus, idéal réalisé
par l’appareil législatif, mis en œuvre par l’exécutif, et assuré en force par
le judiciaire. Il y a donc communauté d’intérêt, dans tout pays démocratique,
entre l’Etat et la société.
Il va de soi que l’Etat, comme toute structure – comme les
banques, les entreprises – et comme toute œuvre humaine, dysfonctionne. La
visée de la dénonciation des dysfonctionnements de l’Etat, par ailleurs souvent
explicable par un déficit en moyens et en personnel, mais aussi parfois par de
l’incompétence, comme partout – est d’amoindrir la puissance d’un empêcheur de
tourner en rond, d’un empêcheur d’en faire à sa guise. Quand on veut tuer son
chien, on dit qu’il a la rage. Pourtant, que veut dire « moins
d’Etat » ? C’est pêle-mêle : moins de fonctionnaires, moins
d’impôts, moins de lois. Moins de fonctionnaires, cela signifie moins d’impôts.
Moins de lois, c’est essentiellement moins de restrictions matérielles, qu’il
s’agisse des plans d’occupation des sols ou des permis de construire pour les
promoteurs, ou de restrictions à la liberté d’investir. Voici en quoi le
populisme contemporain, très à droite, a partie étroitement liée avec l’idéologie
ultralibérale, qui proclame que le bien commun procède – un peu miraculeusement
– de l’autorégulation de forces en présence. L’idéologie ultralibérale est en
fait anarchiste et par nature antidémocratique, entraînant la victoire des
puissants et la disparition des plus faibles par l’asservissement, l’esclavage
des bas revenus, l’étouffement économique, dans un mécanisme qu’on appelle
parfois « darwinisme social » : survivent les plus
« aptes » et meurent les autres, ce qui créera une race en somme
supérieure. Le lien des populismes de droite actuels avec le fascisme pur jus
transite, en somme, par l’ultra-libéralisme anarchiste. Il existe par ailleurs
des Etats prédateurs, et, curieusement, c’est en Italie que je l’ai le plus
rencontré : il circule en uniforme de contractuelles et fait payer à tout
un chacun le moindre espace pour stationner une voiture, fût-ce un infâme
terrain vague non aménagé, poursuivent le client après le déjeuner au
restaurant pour exiger la « ricevuta fiscale », etc. Que je sache,
cette situation ne s’est pas améliorée avec le populiste Berlusconi et l’armée
de bras-cassés qui a entraîné ce pays, comme d’autres, dans la spirale
infernale de la crise.
Autre paradoxe des populismes : la tension entre
changement et conservatisme, qui résulte en fait d’une sélection de valeurs.
Pour la Suisse, par exemple, la liberté est érigée en valeur suprême, mais
l’asile – pourtant une valeur fondatrice dans ce pays – niée en tant que
valeur. Par ailleurs, il va de soi que l’ensemble des libertés à promouvoir
résulte d’une étroite sélection : liberté d’avoir son fusil militaire chez
soi, mais interdiction de construire des minarets.
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| Affiche des Jeunes UDC à Genève, 2011 |
![]() |
| Affiche de l'UDC en faveur de l'interdiction des minarets |
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